Inauguration d’un bâtiment agricole exemplaire à Feissons-sur-Salins

Mercredi 4 décembre 2019, le GAEC du Frenelet et l’EARL Pralin inauguraient leur tout nouveau bâtiment agricole construit sur la commune de Feissons-sur-Salins un peu à l’écart du village. Beaucoup de curieux étaient présents pour visiter un bâtiment à la pointe de la technologie, tant d’un point de vue de la production agricole que de la transition énergétique !

 

 

Au nom de tous ses associés et des deux exploitations, Patrice Deschamps a remercié les visiteurs pour leur venue et a présenté ce bâtiment en détaillant ses spécificités.
Mûri depuis plus de 5 ans – un temps nécessaire pour passer les étapes de l’acquisition du foncier, des réflexions sur l’architecture et des démarches administratives et financières… le bâtiment avec son ossature en cascade et ses modules en préfabriqué a été construit en un an.
Il accueille 130 vaches l’hiver et jusqu’à 170 au printemps avant la montée en alpage.
Le volume du bâtiment a été calibré en fonction du fourrage qui pouvait être réalisé sur les deux exploitations.

Patrice Deschamps a tenu à souligner qu’il n’a pas été simple d’aller jusqu’au bout de ce projet, et a rappelé les difficultés liées au fait de « sortir » les bâtiments agricoles des villages. C’est actuellement l’attente de tous mais la démarche reste difficile, notamment en termes de réseaux (eau potable, assainissement, électricité, accès pompier, …) tout reste à la charge de l’agriculteur et démultiplie les coûts de son projet ! Ceci alors que le coût de la construction d’un bâtiment agricole en montagne est déjà estimé à 4 fois le prix d’un bâtiment en plaine… Pour faciliter ces démarches à l’avenir il serait nécessaire que les collectivités apportent leur soutien sur cette question des réseaux. La bonne échelle serait celle de l’intercommunalité, car de nos jours le foncier agricole des exploitations agricoles s’étend sur plusieurs communes. Par exemple le GAEC de Frenelet et l’EARL Pralin exploitent à Feissons mais également à Saint-Marcel, Montagny et Courchevel.

Par ailleurs, il a été remercié les organismes qui ont apporté leur soutien financier à la construction du bâtiment, à hauteur d’environ 15 % du montant total du projet (Europe, Etat, Région, Département).

Le bâtiment est doté de nombreuses avancées technologiques qui lui permet d’être cohérent avec les enjeux actuels du changement climatique et de la démarche « Territoire à Energie Positive » portée par l’APTV et coordonnée par le GIDA pour le volet agricole.

  • Ainsi, il est équipé d’un « pré-refroidisseur à lait » qui permet, par un simple échange de calorie entre lait chaud et eau froide, de refroidir le lait entre la salle de traite et le tank réfrigérant. Cela permet en aussi de réchauffer l’eau pour l’abreuvement des animaux – qui du coup, la consomme mieux.
  • La toiture est réalisée avec des bacs aciers isolants, pour éviter les déperditions de chaleur l’hiver.
  • Cette même toiture est équipée d’un séchage solaire qui permet de récupérer l’air chaud et de l’insuffler dans le foin récolté. L’intérêt d’un tel système est également de réaliser moins d’aller et retour en tracteur pour brasser le foin.
  • Enfin, l’ensemble des luminaires sont des Leds.
  • La toiture est couverte de 800 m² de panneaux solaires photovoltaïque orientés sud-ouest pour une puissance de 136 kW. L’entreprise Terre et Lac qui a réalisé l’installation souligne tout l’intérêt de travailler sur un bâtiment neuf pour, dès le départ, bien dimensionner et optimiser l’orientation des pannes afin de résoudre le problème de « descente de charges ». L’installation de panneaux solaires présente un léger surcoût dans la construction du bâtiment car il s’agit de prévoir de supporter un supplément de 15 kg/m². Bien peu finalement au regard des 250 kg/m² que doit supporter la toiture en cas de fortes chutes de neige ! Les 450 modules installés sont de technologie « bi-verre », qui permet une meilleure tenue dans le temps et une plus grande solidité. Un contrat d’achat a été signé avec EDF et le temps de retour sur investissement a été évalué à 7 ans pour une durée de vie du matériel estimée à 30 ans.
    En résumé, il est prévu que l’ensemble du bâtiment agricole soit autonome en énergie, voire même excédentaire.

Pour en savoir plus sur les installations solaires, l’INES – Institut National de l’Energie Solaire, proposera un cycle de conférences en Tarentaise au cours de l’hiver. Ceci afin de mieux informer le grand public, éviter les arnaques et démystifier certains « a-priori ».